L’échelle des temps géologiques
La charte de la Commission internationale de stratigraphie, en entier : les cinquante unités qui découpent 4,54 milliards d’années, de l’éon à l’âge, chacune avec ses bornes et ce qu’elles valent. Car une borne n’est pas un chiffre rond. Les unes sont fixées par un clou d’or, un repère planté dans une couche de roche à un endroit précis du globe ; les autres par une datation qu’une mesure meilleure déplacera. Les tableaux publient les chiffres sans dire lesquels. Ce qui s’est passé dans chaque unité se lit sur sa page : celle-ci en donne la charpente.
50 unités, sur cinq rangs
Une borne de période est une décision avant d'être une date. Là où les deux divergent, la fiche dit laquelle est laquelle.
Hadéen
4,54 Ga → 4,03 GaÉon
Cinq cents millions d’années dont il ne reste pas une roche. L’éon tire son nom des enfers, et c’est la seule division de l’histoire terrestre définie par l’absence de ce qui devrait l’enregistrer.
Sa borne ancienne est l’âge de l’accrétion terrestre, mesuré sur des météorites et non sur la Terre, faute de matériau terrestre aussi vieux.
Voir sur la friseArchéen
4,03 Ga → 2,5 GaÉon
Un milliard et demi d’années où la planète acquiert tout ce qui compte, et presque rien n’en laisse de trace : les continents, les océans, un champ magnétique, et la vie.
Aucune des deux bornes n’a été posée sur un événement. La récente, 2,5 milliards d’années, est un nombre rond, convenu parce que rien dans le registre ne signale.
Voir sur la friseÉoarchéen
4,03 Ga → 3,6 GaÈre
L’ère de l’aube, et les quatre cents premiers millions d’années dont il subsiste une roche. Ce qu’elle contient est mince, contesté, et compte parmi les preuves les plus importantes qui soient.
Une ère dont le début est fixé par ce qui a survécu plutôt que par ce qui s’est passé, et dont la fin, 3,6 milliards d’années, est un nombre rond auquel.
Voir sur la frisePaléoarchéen
3,6 Ga → 3,2 GaÈre
Quatre cents millions d’années où la vie cesse d’être une trace contestée pour devenir une structure qu’on peut approcher et toucher.
Les bornes de l’ère, 3,6 et 3,2 milliards d’années, sont deux des nombres ronds qui découpent l’Archéen en quatre parts à peu près égales.
Voir sur la friseMésoarchéen
3,2 Ga → 2,8 GaÈre
Quelque part dans cette ère, la croûte se met peut-être à se comporter comme aujourd’hui, une plaque glissant sous une autre et entraînant la machinerie qui bâtit les continents.
Rien dans la roche ne marque l’un ou l’autre bout de cette ère ; 3,2 et 2,8 milliards d’années sont des commodités. Ce qui fait sa réputation.
Voir sur la friseNéoarchéen
2,8 Ga → 2,5 GaÈre
Trois cents millions d’années d’oxygène produit et aussitôt avalé : les cyanobactéries cassent déjà l’eau, et l’océan reprend tout ce qu’elles libèrent.
Un long intervalle sépare l’invention de sa conséquence, et aucun de ses deux bouts n’est daté avec netteté. Ce qui vaut à l’ère une fiche est.
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Protérozoïque
2,5 Ga → 539 MaÉon
Deux milliards d’années, le plus long des éons, et celui où l’oxygène entre dans l’air, où la cellule se complique, et où la planète gèle plus d’une fois.
Sa borne récente, 538,8 millions d’années, est l’une des mieux définies de la charte : un clou d’or à Terre-Neuve, à la première apparition d’un certain terrier.
Voir sur la frisePaléoprotérozoïque
2,5 Ga → 1,6 GaÈre
Neuf cents millions d’années, et le changement le plus violent qu’ait subi la planète : l’air se charge d’oxygène, et presque tout ce qui vit en est empoisonné.
Les deux bornes de l’ère ont été posées sur des chiffres ronds, et la première tombe quelques dizaines de millions d’années avant l’événement qui fait tout son intérêt.
Voir sur la friseSidérien
2,5 Ga → 2,3 GaPériode
La période où l’air reçoit de l’oxygène pour de bon et où la planète, privée de sa couverture de méthane, gèle tout entière.
Rien dans la roche ne marque l’une ou l’autre borne : 2 500 et 2 300 millions d’années sont des nombres ronds, fixés par convention.
Voir sur la friseRhyacien
2,3 Ga → 2,05 GaPériode
L’oxygène déborde, puis se retire ; le magma s’engouffre dans la croûte en quantités jamais revues, et quelque chose de grand et de plat vit peut-être déjà.
Les deux bornes sont des nombres ronds de convention. Ce que la période contient est bien mieux daté que ce qui la définit : l’intrusion du Bushveld.
Voir sur la friseOrosirien
2,05 Ga → 1,8 GaPériode
Des montagnes se dressent sur tous les continents, le premier supercontinent que l’on sache cartographier prend forme, et une cellule avale une bactérie et la garde.
Les bornes sont conventionnelles. Les événements qui font la période sont datés par leurs roches et non par elle, et le plus lourd de conséquences.
Voir sur la friseStatherien
1,8 Ga → 1,6 GaPériode
La période qui donne à la planète son long calme : les continents se stabilisent, l’oxygène se fixe bas, et la mer profonde passe au sulfure pour un milliard d’années.
Deux nombres ronds de convention le bornent, et ils ne marquent rien. Le milliard ennuyeux qu’elles ouvrent est une description après coup, sans début ni fin convenus.
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Mésoprotérozoïque
1,6 Ga → 1 GaÈre
Six cents millions d’années où, autant qu’on puisse en juger, il ne se passe remarquablement rien. Elles occupent le cœur de ce que la littérature appelle le milliard ennuyeux, et le surnom est un aveu.
Une ère nommée d’après ce qui semble lui manquer, et le nom a survécu aux preuves qui le fondaient. Ce qui ressemble à une stase tient peut-être à la finesse.
Voir sur la friseCalymmien
1,6 Ga → 1,4 GaPériode
La vie devient assez grande pour se voir à l’œil nu, sous un air qui ne porte au plus qu’un millième de l’oxygène actuel.
Aucune des deux bornes ne marque un événement : toutes deux viennent d’une décision. Les fossiles de Gaoyuzhuang sont fermement datés mais pas fermement identifiés.
Voir sur la friseEctasien
1,4 Ga → 1,2 GaPériode
Deux cents millions d’années presque sans repère, et l’endroit de la charte où l’on place d’ordinaire l’invention du sexe, sans doute la plus lourde de conséquences.
Derrière ses deux nombres ronds, il n’y a rien du tout. L’origine du sexe n’a pas davantage de date : on la place ici d’après la répartition des gènes de la méiose.
Voir sur la friseSténien
1,2 Ga → 1 GaPériode
D’étroites ceintures de roches broyées traversent tous les continents : les montagnes qui ont soudé Rodinia, et le premier organisme auquel on sache donner un nom moderne.
Les limites de la période ont été fixées sur la charte, non lues dans la roche ; ce qui se mesure ici appartient aux montagnes, la collision grenvillienne.
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Néoprotérozoïque
1 Ga → 539 MaÈre
Quatre cent soixante millions d’années où la glace atteint les tropiques plus d’une fois, où un supercontinent se disloque, et où paraissent les premiers animaux.
Sa fin est un clou d’or et l’une des bornes les mieux définies de la charte ; son début est le nombre rond d’un milliard d’années.
Voir sur la friseTonien
1 Ga → 720 MaPériode
Rodinia se disloque, l’oxygène entame sa seconde montée, et des cellules se mettent à en manger d’autres : le Néoprotérozoïque s’ouvre.
La base est un nombre rond de convention ; le sommet, lui, est arrimé au début de la glaciation sturtienne et bouge à mesure que cette datation s’affine.
Voir sur la friseCryogénien
720 Ma → 635 MaPériode
Deux fois, la glace atteignit le niveau de la mer à toutes les latitudes, tropiques compris ; entre les deux, les algues prirent l’océan ouvert aux bactéries.
C’est l’une des rares périodes précambriennes dont la base ait été posée sur un événement, le début de la glaciation sturtienne, plutôt que fixée.
Voir sur la friseÉdiacarien
635 Ma → 539 MaPériode
La première période inscrite à la charte en cent vingt-cinq ans, et celle où de grands corps mous et sans armes apparaissent puis disparaissent.
Sa base est une coupe définie, son sommet la base du Cambrien à 538,8 millions d’années : les deux bornes sont fermes. Ce qui se joue entre elles est beaucoup.
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Phanérozoïque
539 Ma → 2026Éon
L’éon de la vie visible, et les douze derniers pour cent de l’histoire de la Terre. Tout ce qu’un musée peut exposer s’y produit, ce qui explique que la frise soit si encombrée de ce côté et si nue partout ailleurs.
Sa borne ancienne ne fait aucun doute ; son nom, si. Il dit que la vie devient visible ici, quand ce sont les parties dures qui se répandent.
Voir sur la frisePaléozoïque
539 Ma → 252 MaÈre
Deux cent quatre-vingt-sept millions d’années, des premiers animaux à coquille à la pire extinction du registre fossile. La vie sort de l’eau au cours de cette ère et n’y retourne jamais tout à fait.
Ses deux bornes sont des clous d’or, ces repères plantés dans un affleurement choisi plutôt que posés sur un nombre rond, ce qui fait de cette ère l’une.
Voir sur la friseCambrien
539 Ma → 485 MaPériode
Presque toutes les façons de bâtir un animal apparaissent en quelques dizaines de millions d’années, et les radiations suivantes ont exploré ces plans d’organisation plutôt que d’en ajouter de nouveaux.
Un clou d’or terre-neuvien à 538,8 millions d’années, posé sur la première apparition d’un terrier et non d’un corps, fait de sa base l’une des mieux définies.
Voir sur la friseOrdovicien
485 Ma → 444 MaPériode
Le Cambrien a fixé les plans d’organisation ; l’Ordovicien a rempli la mer avec eux, puis la glace a emporté une grande part de cette vie.
Ses bornes sont des clous d’or et tiennent. Ce qui se passe à l’intérieur tient moins bien : l’ampleur du refroidissement se reconstruit d’après.
Voir sur la friseSilurien
444 Ma → 419 MaPériode
Une courte période de reprise où les vertébrés acquièrent des mâchoires, où les animaux terrestres laissent leurs premiers fossiles, et où le ciel devient un filtre.
Deux clous d’or le tiennent. Les dates internes sont moins arrêtées : le plus ancien fossile corporel d’animal terrestre donne 425 millions d’années.
Voir sur la friseDévonien
419 Ma → 359 MaPériode
Les plantes inventent le bois et deviennent des arbres, les vertébrés sortent de l’eau à pied, et les récifs atteignent une taille jamais égalée depuis.
Les bornes sont des clous d’or. C’est sur l’effet climatique des forêts que porte la discussion : on leur a longtemps attribué le retrait du dioxyde de carbone.
Voir sur la friseCarbonifère
359 Ma → 299 MaPériode
Les forêts enfouissent le carbone plus vite que la décomposition ne le rend : l’oxygène atteint le plus haut niveau du dernier demi-milliard d’années, les insectes deviennent énormes, et un œuf affranchit les vertébrés de l’eau.
Deux clous d’or le bornent. Le chiffre de l’oxygène est modélisé d’après les cycles du carbone et du soufre plutôt que mesuré, et les modèles divergent sur le maximum.
Voir sur la frisePermien
299 Ma → 252 MaPériode
La période d’un continent unique, où régnaient sur la terre ferme les proches parents des mammifères, close par la pire extinction de l’histoire de la vie.
Son sommet compte parmi les limites les mieux datées du Phanérozoïque : l’intervalle d’extinction est encadré à quelques dizaines de milliers d’années près.
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Mésozoïque
252 Ma → 66 MaÈre
Cent quatre-vingt-six millions d’années entre deux catastrophes : la seule ère de la charte qui commence et s’achève sur une extinction de masse.
Ses deux bornes sont datées plus finement que la plupart de celles de la charte, parce que chacune tombe sur un événement qui a laissé sa trace partout à la fois.
Voir sur la friseTrias
252 Ma → 201 MaPériode
Un monde rebâti à partir de presque rien, où dinosaures et mammifères commencent ensemble, petits et sans éclat, avant qu’une nouvelle éruption n’y mette fin.
Un clou d’or l’ouvre ; son sommet est daté par l’uranium et le plomb des basaltes de la province atlantique centrale, d’où une précision meilleure que cent mille ans.
Voir sur la friseJurassique
201 Ma → 145 MaPériode
Le supercontinent se disloque, les plus grands animaux qui aient jamais marché atteignent leur pleine taille, et de petits dinosaures à plumes prennent leur envol.
Un clou d’or l’ouvre. Son sommet, à 145 millions d’années, est l’une des rares limites phanérozoïques qui n’en ait pas encore, et son âge estimé a bougé.
Voir sur la friseCrétacé
145 Ma → 66 MaPériode
La plus longue période du Phanérozoïque : les fleurs se répandent sur les continents, le monde devient assez chaud pour perdre toute sa glace, et un astéroïde la referme en un seul jour.
Son sommet compte parmi les limites les plus nettes de la charte, une couche d’iridium repérable dans le monde entier. Sa base ne l’est pas.
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Cénozoïque
66 Ma → 2026Ère
Les soixante-six derniers millions d’années : les mammifères héritent d’un monde vidé par un astéroïde, les prairies s’étendent, la glace revient, et une lignée de primates finit par dessiner des frises.
Une seule de ses bornes est fixée. L’ancienne compte parmi les plus nettes de la charte ; la récente reste ouverte, puisque c’est l’ère où nous sommes.
Voir sur la frisePaléogène
66 Ma → 23 MaPériode
Quarante-trois millions d’années où la planète passe d’une serre presque sans glace à un monde à calotte polaire, et où les mammifères grandissent dans la place laissée par l’astéroïde.
Sa base est la limite du Crétacé, l’un des traits les plus nets de la charte ; son sommet, à 23 millions d’années, est une limite stratigraphique ordinaire et bien.
Voir sur la frisePaléocène
66 Ma → 56 MaÉpoque
Dix millions d’années dans un monde vidé : les rescapés de l’astéroïde grossissent vite, et l’époque s’achève sur la plus brutale montée de carbone du Cénozoïque.
Elle commence à la limite du Crétacé, l’une des plus nettes de la charte. Son sommet est défini sur l’excursion isotopique du carbone elle-même.
Voir sur la friseÉocène
56 Ma → 33,9 MaÉpoque
La phase la plus chaude du Cénozoïque, où les chauves-souris volent, où les baleines entrent en mer et où les primates commencent, et que clôt le gel de l’Antarctique.
Ses deux extrémités sont bien définies, la base sur le pic de carbone et le sommet près du premier grand englacement antarctique.
Voir sur la friseOligocène
33,9 Ma → 23 MaÉpoque
L’époque que personne n’explique tout à fait : l’Antarctique porte une calotte proche de sa taille actuelle, et le reste du monde demeure chaud malgré tout.
C’est l’époque que ses propres spécialistes qualifient d’énigme dans un titre d’article. Ses bornes sont définies, mais son climat est mal documenté au regard.
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Néogène
23 Ma → 2,6 MaPériode
Les prairies gagnent les continents, la Méditerranée s’assèche puis se remplit, et une branche de grands singes africains se met à marcher debout.
Ses bornes sont des clous d’or. L’expansion du C4 est datée par les isotopes du carbone : dans les dents fossiles, qui enregistrent ce que les animaux mangeaient.
Voir sur la friseMiocène
23 Ma → 5,3 MaÉpoque
La plus longue époque du Néogène, où un plateau s’élève et la mousson se renforce avec lui, où les grands singes sont nombreux et variés, et où la Méditerranée s’assèche tout à la fin.
Des clous d’or en tiennent les deux bouts. Le plateau s’est élevé et la mousson s’est renforcée sur le même intervalle, ce qui ne prouve pas que l’un ait fait l’autre.
Voir sur la frisePliocène
5,3 Ma → 2,6 MaÉpoque
La dernière époque chaude avant les âges glaciaires : des grands singes marchent debout, taillent les plus anciens outils de pierre connus, et les deux Amériques se rejoignent.
Les deux bornes sont tenues par des clous d’or ; la discussion est à l’intérieur. La fermeture de l’isthme de Panama est réellement contestée.
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Quaternaire
2,6 Ma → 2026Période
La période des âges glaciaires, et la seule où notre espèce existe : les calottes avancent et reculent des dizaines de fois au rythme de l’orbite.
Sa base est passée de 1,8 à 2,58 millions d’années par une ratification de 2009 : une limite est une décision avant d’être une date.
Voir sur la frisePléistocène
2,6 Ma → 11,7 kaÉpoque
Les âges glaciaires eux-mêmes : deux millions et demi d’années de glace qui avance et recule, traversées par au moins trois sortes d’humains.
Sa base a été abaissée de 1,8 à 2,58 millions d’années en 2009 : l’époque a donc gagné trois quarts de million d’années par un vote et non par une découverte.
Voir sur la friseGélasien
2,6 Ma → 1,8 MaÂge
L’âge qui ouvre le Quaternaire, et ne lui a été rattaché qu’en 2009 : les calottes du nord s’installent, et des hominines quittent déjà l’Afrique.
La limite est bien définie, même si le rapport qu’on lui prête avec l’inversion Gauss-Matuyama a lui-même été corrigé dans la littérature depuis sa publication.
Voir sur la friseCalabrien
1,8 Ma → 774 kaÂge
Un âge défini par un clou d’or qui avait déjà servi : il portait la base du Quaternaire jusqu’en 2009, et reçut ce nouvel emploi en 2011.
La limite est ferme : c’était un repère établi avant d’être celui du Calabrien. Le changement de rythme glaciaire qui s’amorce dans cet âge n’a pas de cause admise.
Voir sur la friseChibanien
774 ka → 129 kaÂge
La seule unité de l’échelle des temps géologiques nommée d’après un lieu du Japon, et l’âge où notre espèce apparaît.
Sa limite est fixée, et l’inversion magnétique qui la jouxte est l’un des événements les mieux datés du Quaternaire. L’apparition de notre espèce n’est pas une date.
Voir sur la frisePléistocène supérieur
129 ka → 11,7 kaÂge
Les cent vingt derniers millénaires des glaciations : notre espèce quitte l’Afrique, peuple les derniers continents habitables, et peint.
Seul parmi les sous-séries du Pléistocène, il n’a toujours pas de clou d’or : sa base est fixée par convention au début du dernier interglaciaire.
Voir sur la frise
Holocène
11,7 ka → 2026Époque
Onze mille sept cents ans d’un calme climatique inhabituel, où naissent l’agriculture, les villes et l’écriture.
La base est définie avec précision. Le sommet est le présent, du moins selon la charte : une proposition d’achever l’époque au milieu du vingtième siècle.
Voir sur la friseGroenlandien
11,7 ka → 6 237 av. J.-C.Âge
Le premier âge de l’Holocène, défini dans une carotte de glace groenlandaise : le monde se réchauffe pour de bon, l’agriculture commence, et le Sahara est une prairie.
Le comptage des couches de glace date la limite à l’année près, précision qu’aucune coupe rocheuse n’offre, mais cette précision appartient à la carotte et non.
Voir sur la friseNorthgrippien
6 237 av. J.-C. → 2 251 av. J.-C.Âge
Un âge qui s’ouvre sur le coup de froid le plus vif de l’Holocène, et où certains adultes gardent la capacité de digérer le lait.
Ici encore le comptage des couches donne une limite à l’année près, mais l’événement qu’elle marque est un signal régional lu comme mondial.
Voir sur la friseMéghalayen
2 251 av. J.-C. → 2026Âge
L’unité la plus brève de toute l’échelle des temps géologiques, et la seule définie dans une stalagmite : elle commence par une sécheresse et court jusqu’à aujourd’hui.
Précis dans sa base et contesté dans son statut : ratifié en 2018, il fut critiqué aussitôt, en partie parce que l’événement de 4 200 ans est un signal.
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La charte, et ses sources
- Cohen, K. M., Finney, S. C., Gibbard, P. L., Fan, J.-X. (2013). The ICS International Chronostratigraphic Chart. Episodes 36(3), 199–204, mise à jour continue, voir Cohen et al. (2025), Episodes.
- Walker, M., Head, M. J., Berkelhammer, M., et al. (2018). Formal ratification of the subdivision of the Holocene Series/Epoch: two new GSSPs and three new stages/subseries. Episodes 41(4), 213–223.
- Head, M. J. (2019). Formal subdivision of the Quaternary System/Period: Present status and future directions. Quaternary International 500, 32–51.