Période· Les colonnes du temps
Silurien
443 Ma → 420 Ma
Au Silurien, courte période de 444 à 419 millions d’années, les vertébrés ont acquis des mâchoires, les animaux terrestres ont laissé leurs premiers fossiles et la couche d’ozone s’est formée.
Période courte, marquée par l’acquisition des mâchoires chez les vertébrés, par les premiers fossiles d’animaux terrestres et par la constitution de la couche d’ozone.
Ce que montrent les données
Longue d’à peine vingt-cinq millions d’années, c’est l’une des plus courtes périodes de la charte, et elle porte trois premières attestations. En Chine du Sud, des roches de 439 à 436 millions d’années livrent les plus anciennes dents de vertébré à mâchoires, puis, trois millions d’années plus tard, des poissons à mâchoires complets ; la mâchoire dérive d’un arc branchial modifié, et toutes les mâchoires ultérieures en sont des variantes. À terre, un mille-pattes de l’île écossaise de Kerrera, daté d’environ 425 millions d’années, est le plus ancien fossile corporel d’animal vivant hors de l’eau, les horloges moléculaires situant la sortie plus tôt. L’atmosphère change simultanément : les plantes terrestres construisent des tissus beaucoup plus pauvres en phosphore, à carbone égal, que les organismes marins, de sorte qu’un même apport de phosphore enfouit davantage de carbone et libère davantage d’oxygène, dont le niveau atteint alors sa valeur actuelle, suffisante pour qu’une couche d’ozone filtre l’ultraviolet.
Bornes et conventions
Deux clous d’or bornent la période. Les dates internes sont moins arrêtées : le plus ancien fossile corporel d’animal terrestre donne 425 millions d’années, les horloges moléculaires une date nettement plus ancienne, et l’écart entre les deux, plus étroit qu’il n’est souvent présenté, n’est pas comblé. La constitution de l’écran d’ozone se déduit de modèles des cycles de l’oxygène et du phosphore plutôt qu’elle ne se mesure, et une estimation récente revoit fortement à la baisse la colonne d’ozone protérozoïque qui l’a précédée.