Éon· Les colonnes du temps
Hadéen
4,54 Ga → 4,03 Ga
L’Hadéen est le premier éon de l’histoire de la Terre, cinq cents millions d’années dont aucune roche ne subsiste, la seule division de l’échelle des temps définie par l’absence de ses propres archives.
Éon initial de l’histoire terrestre, couvrant cinq cents millions d’années dont aucune roche n’est conservée. Son nom est formé sur Hadès, et c’est la seule division de l’échelle des temps géologiques définie par l’absence des archives qui devraient l’enregistrer.
Ce que montrent les données
L’accrétion des planètes telluriques est datée d’environ 4,54 milliards d’années, point où cette frise s’ouvre ; les isotopes de l’hafnium et du tungstène mesurés dans les météorites en donnent la vitesse, la séparation du métal et de la roche s’étant opérée en moins de trente millions d’années dans l’ensemble du jeune Système solaire. Ce qui suit est un monde fondu à plusieurs reprises : un corps de la taille d’une petite planète percute la Terre et en détache la matière dont la Lune se forme, les simulations qui reproduisent la composition terrestre de celle-ci exigeant un impacteur plus massif que ne le supposaient les travaux antérieurs. Un choc de cette ampleur ne laisse subsister aucune surface. L’éon s’achève là où commencent les plus anciennes roches conservées, limite qui renseigne sur les conditions de conservation et non sur l’état de la planète. Seuls subsistent des grains isolés, les zircons de Jack Hills, érodés de roches disparues.
Bornes et conventions
La limite ancienne est l’âge de l’accrétion terrestre, mesuré sur des météorites et non sur la Terre, faute de matériau terrestre de cet âge. La limite récente se déplace au gré des découvertes : elle suit la plus ancienne roche datée, et chaque découverte plus ancienne raccourcit l’éon sans rien modifier de ce qui s’y est produit.