L’histoire du vivant

Les mêmes jalons, coupés autrement : ceux que le corpus range sous la vie ou l’évolution. Trente-sept, du dernier ancêtre commun de tout ce qui vit au génome que nous corrigeons. Ce que cette page montre n’est pas une filiation — pas d’arbre ici, et pas de descendance. Elle montre quand chaque chose a été inventée, et la longueur des intervalles entre les inventions : deux milliards d’années entre la première cellule et le premier noyau, un demi-milliard entre les premiers animaux et la première fleur. Ce sont les intervalles qui comptent, et seule une frise les donne à voir.

37 jalons sur 200, en 10 chapitres

Hadéen4,54 Ga → 4,03 Ga

Cinq cents millions d’années dont il ne reste pas une roche. L’éon tire son nom des enfers, et c’est la seule division de l’histoire terrestre définie par l’absence de ce qui devrait l’enregistrer.

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Éoarchéen4,03 Ga → 3,6 Ga

L’ère de l’aube, et les quatre cents premiers millions d’années dont il subsiste une roche. Ce qu’elle contient est mince, contesté, et compte parmi les preuves les plus importantes qui soient.

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Paléoarchéen3,6 Ga → 3,2 Ga

Quatre cents millions d’années où la vie cesse d’être une trace contestée pour devenir une structure qu’on peut approcher et toucher.

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Mésoarchéen3,2 Ga → 2,8 Ga

Quelque part dans cette ère, la croûte se met peut-être à se comporter comme aujourd’hui, une plaque glissant sous une autre et entraînant la machinerie qui bâtit les continents.

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Paléoprotérozoïque2,5 Ga → 1,6 Ga

Neuf cents millions d’années, et le changement le plus violent qu’ait subi la planète : l’air se charge d’oxygène, et presque tout ce qui vit en est empoisonné.

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Mésoprotérozoïque1,6 Ga → 1 Ga

Six cents millions d’années où, autant qu’on puisse en juger, il ne se passe remarquablement rien. Elles occupent le cœur de ce que la littérature appelle le milliard ennuyeux, et le surnom est un aveu.

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Néoprotérozoïque1 Ga → 539 Ma

Quatre cent soixante millions d’années où la glace atteint les tropiques plus d’une fois, où un supercontinent se disloque, et où paraissent les premiers animaux.

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Paléozoïque539 Ma → 252 Ma

Deux cent quatre-vingt-sept millions d’années, des premiers animaux à coquille à la pire extinction du registre fossile. La vie sort de l’eau au cours de cette ère et n’y retourne jamais tout à fait.

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Mésozoïque252 Ma → 66 Ma

Cent quatre-vingt-six millions d’années entre deux catastrophes : la seule ère de la charte qui commence et s’achève sur une extinction de masse.

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Cénozoïque66 Ma → 2026

Les soixante-six derniers millions d’années : les mammifères héritent d’un monde vidé par un astéroïde, les prairies s’étendent, la glace revient, et une lignée de primates finit par dessiner des frises.

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