TERRE × CLIMAT
Les dolomies de couverture
il y a ~635 millions d’années
Protérozoïque · Néoprotérozoïque · Édiacarien
Les dolomies de couverture sont quelques mètres de dolomie claire déposés il y a environ 635 millions d’années directement sur les débris de la dernière glaciation globale, sur tous les continents où cette succession est conservée.
Une dolomie de couverture est une couche de dolomie claire, une roche faite de carbonate, épaisse de quelques mètres, qui repose directement sur les débris laissés par une glaciation globale, ou Terre boule de neige. Elle se trouve sur tous les continents où cette succession est conservée. Aucune surface d’altération, la trace que laisse une roche restée exposée à l’air, ne sépare les débris de la dolomie, ce qui indique qu’aucun intervalle ne s’est écoulé entre les deux dépôts. Le carbonate a précipité, c’est-à-dire qu’il est passé de l’état dissous à l’état solide, rapidement et en grande quantité. La cause en est l’alcalinité exceptionnelle de la mer, sa capacité à neutraliser l’acidité et à retenir du carbonate dissous. Une part de cette alcalinité a été produite sur le plancher océanique, sous la glace. Le reste a été apporté par les cours d’eau, qui lessivaient des continents tout juste libérés de la glace.

Pourquoi c’est important
Le contact direct entre les débris glaciaires et la dolomie est la preuve matérielle qu’une glaciation globale s’achève selon le mécanisme que la théorie prévoit. Le dioxyde de carbone s’accumule sous la glace jusqu’à ce que l’effet de serre, la chaleur que ce gaz retient, l’emporte sur le pouvoir réfléchissant de la glace. La fonte est ensuite rapide.
Datation et incertitude
La dolomie de couverture repose directement sur les débris glaciaires. Sa base date donc la fin de la glaciation marinoenne, la dernière glaciation globale, avec la précision que la roche permet. Sa durée d’accumulation n’est pas établie : les estimations vont de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’années. Les modèles qui expliquent la chimie de la couche ne concordent pas avec ceux qui expliquent son épaisseur. Les modèles les plus récents rendent plausible une phase chaude mais modérée, plus brève que les centaines de milliers d’années longtemps supposées. Ils n’excluent pas un effet de serre plus intense.
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