TERRE × CLIMAT

La pluie de météorites ordovicienne

il y a ~468 à 466 millions d’années

Phanérozoïque · Paléozoïque · Ordovicien

La pluie de météorites ordovicienne vient d’un grand astéroïde fragmenté dans la ceinture principale il y a environ 466 millions d’années, dont les débris forment aujourd’hui environ un tiers des météorites qui atteignent la Terre.

La pluie de météorites ordovicienne est la chute, sur la Terre, des débris d’un astéroïde de grande taille. Cet astéroïde s’est fragmenté il y a environ 466 millions d’années dans la ceinture principale, la région du Système solaire où circulent la plupart des astéroïdes. Ses débris tombent depuis : environ un tiers des météorites qui atteignent aujourd’hui la Terre proviennent encore de ce corps unique. En Suède, le calcaire déposé à cette époque est riche en météorites fossiles, des pierres tombées dans le sédiment et conservées dans la roche. Le flux des poussières les plus fines, c’est-à-dire la quantité qui en tombe par unité de temps, a augmenté de trois à quatre ordres de grandeur, soit d’un facteur de mille à dix mille, pendant plus de deux millions d’années.

La pluie de météores des Léonides de novembre 1833, vue d’Amérique du Nord, sur une gravure parue en 1888 dans un atlas du ciel d’Edmund Weiss. Un météore est une traînée lumineuse dans le ciel ; une météorite, comme celles de la fiche, est une pierre tombée jusqu’au sol. La gravure montre une autre pluie que celle de la fiche.
La pluie de météores des Léonides de novembre 1833, vue d’Amérique du Nord, sur une gravure parue en 1888 dans un atlas du ciel d’Edmund Weiss. Un météore est une traînée lumineuse dans le ciel ; une météorite, comme celles de la fiche, est une pierre tombée jusqu’au sol. La gravure montre une autre pluie que celle de la fiche.Edmund Weiss, domaine public

Pourquoi c’est important

Un événement du Système solaire laisse rarement une trace aussi nette dans une roche sédimentaire, c’est-à-dire formée par dépôt. Les effets de la poussière tombée sur la Terre sont discutés. Pour Schmitz et ses collègues (2019), cette poussière a formé un écran et a fait entrer la Terre dans un âge glaciaire à l’Ordovicien, la période géologique de la fragmentation. Lindskog et ses collègues (2017) ont daté précisément les couches à météorites et concluent que la fragmentation est sans relation avec les changements biologiques de la même époque.

Datation et incertitudeDébattu

Lindskog et ses collègues (2017) ont daté sur zircon, un minéral datable par l’uranium qu’il contient, les couches à météorites du sud de la Suède. Ils situent la fragmentation il y a 468,0 millions d’années, à 0,3 million d’années près. D’autres travaux, sur la chromite extraterrestre, un minéral des météorites, et sur l’hélium 3, une forme rare de l’hélium, maintiennent une date plus récente, il y a 466 millions d’années. Les effets de la poussière sont plus discutés que la date de sa chute : refroidissement et baisse du niveau marin selon une équipe, aucun effet visible dans les fossiles selon l’autre.

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