TERRE × VIE

L’excursion de Shuram

il y a ~574 à 567 millions d’années

Protérozoïque · Néoprotérozoïque · Édiacarien

L’excursion de Shuram est un allègement progressif du carbone de l’eau de mer, le plus fort que les roches aient conservé, survenu il y a 574 à 567 millions d’années.

L’excursion de Shuram est la plus forte excursion négative des isotopes du carbone du registre géologique, c’est-à-dire des roches conservées. Les isotopes du carbone sont des variantes du même atome, plus ou moins lourdes. Une excursion négative est un écart temporaire vers le carbone léger. Celle de Shuram se place entre la glaciation de Gaskiers et l’apparition des grands fossiles de l’Édiacarien, une période géologique. Les roches carbonatées de quatre continents, comme les calcaires, montrent un carbone de l’eau de mer progressivement plus léger, jusqu’à environ moins douze pour mille par rapport à l’étalon. Cet écart dépasse tous ceux qui ont suivi, pendant toute la durée où existent des fossiles d’animaux. Après trente années de discussion, on ne sait pas si cet écart vient de l’océan de l’époque ou s’il est apparu plus tard dans la roche, lors de la diagenèse, l’altération chimique que subit un sédiment en devenant roche.

Pourquoi c’est important

Si l’écart est primaire, c’est-à-dire s’il vient de l’océan de l’époque, cet océan reconstituait ses bilans de carbone et d’oxygène immédiatement avant que les animaux n’atteignent une grande taille. L’explication qui relie ce changement de l’océan à la taille des animaux est alors vérifiée. Si l’écart est apparu dans la roche longtemps après l’enfouissement du sédiment, cette explication perd son appui.

Datation et incertitudeDébattu

L’excursion est datée d’il y a environ 574 à 567 millions d’années à Oman et dans la vallée de la Mort. Elle est datée d’il y a 571 à 562 millions d’années là où les géologues la corrèlent aux coupes chinoises et du Tarim, des successions de couches où ils la reconnaissent. Trois explications demeurent ouvertes. La première est un bouleversement réel du cycle du carbone océanique, c’est-à-dire de la circulation du carbone dans l’océan. La deuxième est une altération de la roche longtemps après l’enfouissement. La troisième, celle de Liu et de ses collègues (2021), fait intervenir des cendres volcaniques formées à partir de calcaires marins anciens recyclés par subduction, la plongée d’une plaque de la surface terrestre sous une autre. À Oman, les travaux les plus récents, ceux de Bergmann et de ses collègues (2025), mettent en évidence une altération de quatre types, réelle mais insuffisante à elle seule pour produire une excursion de cette amplitude.

L’histoire de la Terre en une journée

20:57:563 h 2 min avant minuit

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