TECHNIQUE × LANGUES
L'imprimerie xylographique chinoise
868
Histoire · Moyen Âge · Holocène · Méghalayen
Le Sutra du Diamant, qui provient des grottes de Dunhuang, a été imprimé en 868, date que donne son colophon, à partir de planches de bois gravées, six siècles avant les presses européennes.
L'imprimerie xylographique est attestée en Asie orientale six siècles avant les presses européennes. Le papier, dont l'usage est rapporté à la cour chinoise en 105, y rencontre la gravure sur bois ; le Sutra du Diamant, imprimé en 868 et daté par son colophon, provient des grottes de Mogao à Dunhuang et est conservé à la British Library : il constitue le plus ancien livre imprimé daté conservé. L'objet n'est pas un essai : il s'agit d'un rouleau de plusieurs mètres, à l'encrage régulier, ouvert par un frontispice gravé d'une main exercée et fermé par un colophon indiquant le commanditaire et la date, ce qui suppose une production déjà organisée. Bi Sheng met au point les caractères mobiles vers 1041, et la Corée en développe la version métallique : un ouvrage de 1239, longtemps tenu pour xylographique, est aujourd'hui identifié comme le plus ancien imprimé en caractères métalliques conservé, antérieur d'un siècle au Jikji de 1377.

Pourquoi c’est important
L'histoire de l'imprimerie est ordinairement rapportée à Mayence, alors que la technique est attestée un millénaire plus tôt en Asie orientale, ce qui modifie la question posée pour l'Europe : elle porte non sur l'invention de l'impression mais sur sa conjonction avec l'alphabet, le papier bon marché et les circuits commerciaux.
Datation et incertitude
Le papier est rapporté à la cour chinoise en 105 et l'imprimerie suit en quelques siècles ; le Sutra du Diamant de 868 est le plus ancien livre imprimé daté. Bi Sheng expérimente les caractères mobiles dès 1041. Le Chant de l'Éveil, dont le statut a été discuté pendant cinquante ans, est aujourd'hui lu comme un imprimé en caractères métalliques mobiles de 1239.
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