SOCIÉTÉS × ENVIRONNEMENT
Les cités mayas se vident
~850 de notre ère
Histoire · Moyen Âge · Holocène · Méghalayen
Entre 750 et 950 environ, les dynasties des basses terres mayas cessent d'ériger des monuments datés, les grandes cités du sud se vident, la région perd une large part de sa population. Le climat, lui, a tenu ses comptes sous terre : les isotopes du gypse du lac Chichancanab, au Mexique, donnent des pluies annuelles réduites de près de moitié pendant les sécheresses, et une stalagmite du Belize, datée finement, montre qu'entre 700 et 800 les pluies ne manquent pas seulement, elles deviennent imprévisibles d'une année à l'autre.
Pourquoi c’est important
La civilisation maya n'a pas disparu : les peuples mayas et leurs langues sont toujours là. Ce qui s'est dissous, c'est son ordre politique, et le cas est devenu la référence pour mesurer ce que le climat fait subir à une société. La leçon la plus neuve est subtile : des paysans s'adaptent à moins de pluie, beaucoup plus difficilement à une pluie qu'ils ne peuvent plus prévoir. Ce qu'une société n'absorbe pas, c'est peut-être la variabilité autant que la rareté ; l'écho actuel se passe de commentaire.
Datation et incertitude
La désagrégation des institutions politiques mayas classiques s'étend d'environ 750 à 950 ; l'ancre se place en son milieu. Les sécheresses sont désormais chiffrées par le gypse lacustre et les concrétions : des pluies annuelles réduites d'environ 40 à 54 pour cent, avec des pointes jusqu'à 70, et une stalagmite du Belize ajoute que la prévisibilité des pluies d'une année sur l'autre a elle aussi décliné.
Sources
- Evans et al. (2018), Science · Quantification of drought during the collapse of the Classic Maya civilizationdoi:10.1126/science.aas9871
- Medina-Elizalde & Rohling (2012), Science · Collapse of Classic Maya civilization related to modest reduction in precipitationdoi:10.1126/science.1216629
- Braun et al. (2023), Communications Earth & Environment · Decline in seasonal predictability potentially destabilized Classic Maya societiesdoi:10.1038/s43247-023-00717-5
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