PEUPLEMENT × GÉNÉTIQUE
Le peuplement de Madagascar
~1000
Histoire · Moyen Âge · Holocène · Méghalayen
Madagascar a été peuplée vers l'an 1000 depuis deux directions : sa langue vient de Bornéo, à l'autre bout de l'océan Indien, et ses habitants ont une double ascendance, austronésienne et bantoue.
Madagascar, située à environ 400 kilomètres des côtes africaines, a pour langue le malgache, rattaché au groupe barito du sud-est, parlé à Bornéo, soit à l'autre extrémité de l'océan Indien. Les données génétiques établissent que toutes les populations malgaches testées portent conjointement une ascendance bantoue et une ascendance austronésienne, et indiquent deux colonisations distinctes, africaine et asiatique, dont la rencontre sur l'île remonte à environ mille ans. Le métissage a été asymétrique, ce que révèle la comparaison des deux systèmes de transmission uniparentale : l'ADN mitochondrial ne se transmet que par les mères, le chromosome Y que par les pères, chacun documentant une moitié de l'ascendance, et leur divergence indique une contribution différente des hommes et des femmes selon l'origine. L'ascendance asiatique est mieux représentée dans les lignées maternelles et à l'intérieur des terres. Le vocabulaire est majoritairement austronésien, alors que le génome ne l'est qu'à hauteur d'un tiers en moyenne.

Pourquoi c’est important
L'écart entre l'aire de peuplement et l'aire d'origine linguistique est l'un des plus étendus documentés, et suppose une navigation transocéanique. Le cas montre en outre la vitesse à laquelle une structure génétique régionale peut se constituer, quelques siècles ayant suffi à différencier les régions de l'île. Langue, génome et archéologie y documentent chacun une part distincte du processus.
Datation et incertitude
Les données pangénomiques portant sur 2 704 Malgaches enregistrent un métissage et une croissance démographique récents, compatibles avec un peuplement rapide au cours du dernier millénaire ; la date retenue correspond à ce début. Des fréquentations antérieures sont discutées en archéologie, la date retenue étant celle du peuplement et non du premier contact. La configuration génomique soutient l'hypothèse de deux colonisations distinctes s'étant rencontrées sur place plutôt que celle de l'arrivée d'une population déjà métissée.
L’histoire de l’espèce en une journée
23:55:184 min 41 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour