GÉNÉTIQUE × PEUPLEMENT

L'homme de Tianyuan

il y a ~40 000 ans

Paléolithique · Paléolithique supérieur · Dernier glaciaire

Un homme inhumé près de Pékin il y a environ 40 000 ans a livré le premier génome nucléaire exploitable d'un humain moderne ancien d'Asie de l'Est.

L'homme de Tianyuan désigne un individu dont les restes ont été mis au jour en 2003 dans la grotte de Tianyuan, près de Pékin, et dont le génome, publié en 2013, constitue le premier ADN nucléaire exploitable obtenu d'un homme moderne ancien d'Asie de l'Est. L'analyse le rattache à une population déjà différenciée sur la branche asiatique, distincte de la lignée conduisant aux Européens, ancestrale à de nombreuses populations asiatiques et amérindiennes actuelles, et porteuse d'ADN archaïque en proportions comparables à celles des populations d'Asie continentale d'aujourd'hui.

Pourquoi c’est important

Le génome établit qu'à 40 000 ans la divergence entre lignées asiatique et européenne était déjà réalisée, sans qu'elle se réduise à une séparation unique : l'individu partage davantage d'allèles avec un Européen daté de 35 000 ans qu'avec d'autres Européens anciens. Les génomes de la région de l'Amour documentent une ascendance apparentée répandue dans le nord de l'Asie orientale avant le dernier maximum glaciaire, et des affinités particulières le rapprochent de certains groupes amérindiens d'Amérique du Sud, ce qui indique une structuration interne à l'Asie antérieure au peuplement des Amériques.

Datation et incertitude

Le squelette est daté directement au radiocarbone d'environ 40 000 ans. Les conclusions génétiques reposent sur le génome mitochondrial, le chromosome 21 et plusieurs milliers de positions nucléaires, obtenus par capture par hybridation. Le procédé conditionne le résultat : dans un os de cet âge, l'ADN humain ne représente qu'une fraction infime du matériel conservé, l'essentiel provenant des micro-organismes ayant colonisé le tissu, et de courtes sondes synthétiques complémentaires des séquences humaines permettent de les isoler avant séquençage. La méthode, développée pour ce spécimen, a été reprise depuis dans l'étude de l'ADN ancien.

L’histoire de l’espèce en une journée

20:57:083 h 3 min avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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