CROYANCES
Qafzeh et Skhul : les premières sépultures
il y a ~92 000 ans
Paléolithique · Paléolithique moyen · Dernier glaciaire
Dans deux grottes du Levant, il y a déjà environ 92 000 ans, des Homo sapiens enterraient leurs morts dans des fosses creusées, avec des objets et du pigment.
Les grottes de Qafzeh, près de Nazareth, et de Skhul, au mont Carmel, ont livré les plus anciennes sépultures connues attribuées à Homo sapiens, dont les plus récentes datent d'environ 92 000 ans. Les corps y ont été déposés dans des fosses creusées, parfois associés, un adulte avec un enfant. Trois critères réunis distinguent une sépulture d'un corps tombé dans une dépression naturelle : la fosse est creusée et non naturelle, le corps est disposé et non affaissé, et des objets ont été déposés avec lui. Les niveaux inférieurs de Qafzeh ont également fourni des foyers, des blocs d'ocre rouge et des coquillages entiers provenant d'un rivage distant de trente-cinq kilomètres, dont plusieurs portent des traces de suspension et quelques-uns des taches d'ocre ; la plupart proviennent de niveaux légèrement antérieurs aux sépultures.

Pourquoi c’est important
Ces inhumations documentent un traitement des morts impliquant un travail sans contrepartie utilitaire, et l'association d'objets et de pigment au dépôt funéraire. Elles constituent les plus anciennes sépultures à composante symbolique connues, toutes espèces humaines confondues. Leurs auteurs employaient l'outillage moustérien également utilisé par les Néandertaliens, si bien que la pratique ne se corrèle pas à une différence technique.
Datation et incertitude
Les silex brûlés des couches funéraires de Qafzeh sont datés de 100 000 à 90 000 ans par thermoluminescence ; les sépultures de Skhul se placent entre 135 000 et 100 000 ans, sous l'hypothèse d'un dépôt sur une courte durée. Aucune sépulture ne peut être individuellement désignée comme la plus ancienne ; c'est l'ensemble qui constitue le plus ancien connu.
L’histoire de l’espèce en une journée
16:59:257 h 1 min avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour