TECHNIQUE
L'origine du vêtement : datée par le pou
il y a ~83 000 ans ou plus
Paléolithique · Paléolithique moyen · Dernier glaciaire
D'après la génétique du pou de corps, qui ne vit que dans les vêtements, les humains s'habillent depuis au moins 83 000 ans.
La datation de l'apparition du vêtement repose sur la génétique d'un parasite, les textiles ne se conservant pas. Le pou de corps humain, Pediculus humanus humanus, vit dans les vêtements et se nourrit sur la peau qu'ils recouvrent ; il s'est différencié du pou de tête, Pediculus humanus capitis, dès lors qu'un tel habitat a existé, si bien que dater cette séparation revient à dater l'usage du vêtement. La méthode employée est l'horloge moléculaire : deux lignées séparées depuis longtemps ont accumulé dans leur ADN davantage de différences que deux lignées récemment séparées, et le comptage de ces différences, rapporté à une vitesse d'accumulation estimée, se convertit en durée. Appliquée à l'ADN des poux, elle situe la séparation entre 170 000 et 70 000 ans environ, en Afrique.

Pourquoi c’est important
Le vêtement constitue un microclimat portatif, condition de l'occupation durable des latitudes froides par une espèce d'origine tropicale, et n'est accessible à la datation par presque aucune autre voie. Le cas illustre plus généralement l'usage des espèces commensales comme archives : poux, chiens ou microbiote intestinal conservent chacun une trace de l'histoire humaine dans leur propre génome.
Datation et incertitudeDébattu
Deux études aboutissent à des résultats différents, l'écart tenant à la vitesse d'accumulation retenue : celle de 2003 donne au pou de corps une origine d'au plus 72 000 ans, à 42 000 ans près, tandis qu'une analyse bayésienne de 2010 la reporte à au moins 83 000 ans et possiblement 170 000. La date affichée retient le minimum de la seconde. Les deux désignent l'Afrique et des populations anatomiquement modernes, antérieurement à l'installation aux latitudes froides.
L’histoire de l’espèce en une journée
17:40:346 h 19 min avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour