ART × TECHNIQUE
L'atelier de l'ocre
il y a ~100 000 ans
Paléolithique · Paléolithique moyen · Dernier glaciaire
À Blombos, sur la côte sud-africaine, deux coquilles d'ormeau contenaient encore un mélange séché riche en ocre, posées près des meules, des percuteurs, de l'os et du charbon qui composaient le reste du nécessaire : un atelier de pigment laissé en place il y a 100 000 ans. La même grotte a livré des ocres gravées de croisillons sur une durée de 25 000 ans, et un éclat de silcrète portant le plus ancien dessin connu, tracé au crayon d'ocre vers 73 000 ans.
Pourquoi c’est important
Préparer ce mélange, c'est planifier : réunir plusieurs matières, les combiner selon une recette, conserver le produit dans des récipients pour plus tard. À quoi il servait, peau, cuir ou signe, on l'ignore ; et des travaux récents ont trouvé l'ocre employée aussi, tout bonnement, comme retouchoir pour tailler la pierre. Symbole et technique s'entremêlent à Blombos, et c'est peut-être le portrait le plus honnête d'esprits comme les nôtres.
Datation et incertitude
Les deux coquilles et leurs outils reposent dans un niveau daté d'environ 100 000 ans par luminescence stimulée optiquement. Les ocres gravées de la même grotte s'échelonnent d'environ 100 000 à 75 000 ans, et l'éclat de silcrète dessiné date d'environ 73 000 ans : une tradition qui dure, pas un après-midi.
Sources
- Henshilwood et al. (2011), Science · A 100,000-year-old ochre-processing workshop at Blombos Cave, South Africadoi:10.1126/science.1211535
- Henshilwood et al. (2009), Journal of Human Evolution · Engraved ochres from the Middle Stone Age levels at Blombos Cave, South Africadoi:10.1016/j.jhevol.2009.01.005
- Henshilwood et al. (2018), Nature · An abstract drawing from the 73,000-year-old levels at Blombos Cave, South Africadoi:10.1038/s41586-018-0514-3
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