SOCIÉTÉS × GÉNÉTIQUE
La traite transatlantique
XVIe au XIXe siècle
Histoire · Époque moderne · Holocène · Méghalayen
La traite transatlantique a déporté environ 12,5 millions d'Africains entre le seizième et le dix-neuvième siècle, et l'ADN de plus de cinquante mille personnes des deux rives de l'Atlantique a été comparé aux registres des navires.
La traite transatlantique, documentée par les registres de navires rassemblés dans la base des traites transatlantiques, porte sur environ 12,5 millions d'Africains déportés entre le seizième et le dix-neuvième siècle. La comparaison de ces registres avec l'ADN de plus de cinquante mille personnes des deux rives de l'Atlantique restitue pour l'essentiel les routes documentées. Les écarts observés s'interprètent au moyen d'une distinction : un registre enregistre les embarquements, un génome enregistre les individus ayant laissé une descendance. Une région fortement représentée dans les registres et faiblement dans l'ADN des populations actuelles n'indique donc pas un moindre nombre de captifs, mais une mortalité supérieure ou une fécondité réduite. L'écart entre les deux séries documente ainsi ce que les registres ne consignaient pas : survies inégales, déplacements forcés à l'intérieur des Amériques, et transmission de l'ascendance africaine davantage par les femmes que par les hommes, dans des proportions encore discutées.

Pourquoi c’est important
La documentation génétique restitue une information individuelle pour des personnes que les sources écrites comptabilisaient comme cargaison. Des dizaines de millions de descendants peuvent y rattacher leur ascendance à des régions que les registres ne désignaient que par un port d'embarquement. Les corrections publiées apportées à la plus vaste de ces études font partie du dossier, la mesure d'une atrocité relevant des mêmes exigences méthodologiques que tout autre travail scientifique.
Datation et incertitude
La traite s'étend du début des années 1500 aux années 1860 et concerne environ 12,5 millions de personnes ; la date retenue se situe à mi-parcours. Les estimations génétiques des origines régionales et du biais entre sexes comportent des incertitudes réelles, et les corrections publiées de l'étude principale figurent parmi les sources citées.
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