PEUPLEMENT × CROYANCES

Herto : Homo sapiens idaltu

il y a ~160 000 à 154 000 ans

Paléolithique · Paléolithique moyen · Glaciaire saalien

Trois crânes d'Éthiopie, vieux d'environ 160 000 ans, se placent entre les fossiles africains plus anciens et les humains modernes.

Les crânes de Herto sont trois fossiles humains mis au jour en 1997 sur le site de Herto Bouri, dans la vallée du Moyen Aouache, région Afar, en Éthiopie, et décrits en 2003. Ils comprennent deux adultes et un enfant, dont la morphologie occupe une position intermédiaire entre celle des fossiles africains plus anciens et celle des humains modernes ultérieurs ; leurs inventeurs les ont rattachés à une sous-espèce proposée pour l'occasion, Homo sapiens idaltu, « idaltu » signifiant « aîné » en langue afar, dont la validité n'est pas universellement admise. Les trois crânes portent de fines marques de découpe et un poli postérieur à la mort. Ce poli constitue l'indice principal : une surface osseuse ne se lustre que sous l'effet de frottements répétés, ce qui suppose une manipulation prolongée plutôt qu'un abandon, et le crâne de l'enfant en présente les traces les plus marquées. Les mêmes niveaux ont livré des carcasses d'hippopotames débitées au bord d'un lac aujourd'hui disparu, associées à un outillage relevant à la fois de l'Acheuléen et du Middle Stone Age.

Pourquoi c’est important

Le traitement dont ces crânes ont fait l'objet est interprété comme une pratique funéraire, sans qu'il s'agisse d'une inhumation : décharner puis conserver un crâne n'est pas l'enterrer, et la signification du geste demeure inconnue. Son caractère délibéré et répété est en revanche établi par la convergence des deux traces, les marques de découpe attestant le décharnement et le poli la manipulation ultérieure. De tels comportements précèdent de plusieurs dizaines de millénaires les plus anciennes sépultures connues, ce qui fait de Herto l'une des premières attestations d'un traitement culturel des morts.

Datation et incertitude

Les fossiles sont encadrés entre 160 000 et 154 000 ans par datation à l'argon, méthode appliquée aux minéraux des retombées volcaniques, dont la chaleur de l'éruption remet l'horloge à zéro. Un réexamen des couches de cendres éthiopiennes, publié en 2022, a invalidé la corrélation téphrostratigraphique qui rattachait l'âge minimal de Herto à un site éloigné. Le principe de cette corrélation est le suivant : une éruption dépose en quelques semaines une cendre de composition chimique particulière, reconnaissable à distance, ce qui permet de reporter un âge mesuré en un point vers tout site où la même cendre est identifiée. Une identification erronée fait donc tomber l'âge ainsi transféré, mais laisse intactes les mesures effectuées sur les dépôts du site lui-même, qui n'en dépendent pas : les dates directes de Herto demeurent valides.

L’histoire de l’espèce en une journée

12:02:1711 h 58 min avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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