TECHNIQUE
Pearl Street : première centrale électrique
1882
Histoire · Époque contemporaine · Holocène · Méghalayen
La centrale de Pearl Street d'Edison, mise en service à Manhattan en septembre 1882, a été le premier réseau électrique centralisé : elle fournissait le courant à tout un quartier, comme un service.
La centrale de Pearl Street, mise en service par Edison à Manhattan en septembre 1882, est le premier réseau électrique central : le courant y devient un service distribué à un quartier plutôt qu'une production locale. L'électrification des établissements industriels est en revanche lente, et son effet sur la productivité n'apparaît que dans les années 1920. La raison tient à l'organisation matérielle des ateliers antérieurs : une machine à vapeur unique entraînait un arbre de couche, axe tournant sous le plafond, auquel chaque outil devait être relié par courroie, ce qui imposait de regrouper les machines autour de cet axe et subordonnait le plan du bâtiment à la transmission. L'attribution d'un moteur électrique à chaque machine supprime cette contrainte et permet d'organiser l'atelier selon la séquence des opérations. C'est cette réorganisation, et non l'éclairage, qui produit le gain mesuré.

Pourquoi c’est important
Le délai de quarante ans séparant l'établissement du réseau de l'apparition des gains de productivité constitue le cas de référence sur la temporalité des technologies dites génériques, et il est régulièrement invoqué à propos de l'informatique et des systèmes d'apprentissage automatique : l'effet économique suit la réorganisation des usages et non l'installation du dispositif.
Datation et incertitude
La centrale Pearl Street alimente le sud de Manhattan à partir de septembre 1882. Le bond de productivité attribué à l'électrification industrielle n'intervient que dans les années 1920. L'appartenance de l'électricité à la catégorie des technologies génériques a été mise en question par une étude fondée sur les citations de brevets.
L’histoire de l’espèce en une journée
23:59:2039,5 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour