GÉNÉTIQUE
La plus ancienne divergence humaine
entre ~350 000 et ~260 000 ans
Paléolithique · Paléolithique moyen · MIS 8
La plus ancienne séparation encore lisible dans les génomes humains actuels s'est produite en Afrique, il y a environ 350 000 à 260 000 ans.
La divergence la plus profonde entre populations humaines actuelles désigne la plus ancienne séparation que les génomes des vivants permettent de reconstituer. Son estimation suppose un génome que les métissages récents n'ont pas brouillé, chaque migration ultérieure atténuant le signal ancien ; elle a été obtenue à partir des restes d'un garçon ayant vécu sur la côte sud-africaine il y a environ deux mille ans. La séparation entre les ancêtres des populations khoe-san actuelles et ceux de l'ensemble des autres humains est ainsi placée il y a 350 000 à 260 000 ans. Les Khoe-San présentent par ailleurs la plus grande diversité génétique mesurée au sein d'un groupe humain.
Pourquoi c’est important
La portée de ce résultat tient moins à la date qu'à ce qu'elle exclut, à savoir une origine récente et localisée : les populations humaines étaient déjà anciennes et structurées au cours du Middle Stone Age africain, à l'époque des fossiles de Jebel Irhoud et de Florisbad. La forme de ce commencement demeure discutée. Une lecture y voit une divergence unique et nette ; une autre un réseau de populations dérivant et se remêlant pendant plusieurs centaines de milliers d'années. Le partage entre ces deux modèles reste l'un des points ouverts de la génétique des populations.
Datation et incertitudeDébattu
L'estimation est génétique, et son interprétation est débattue. Les génomes anciens d'Afrique du Sud placent la première divergence entre populations humaines modernes il y a 350 000 à 260 000 ans. Une analyse concurrente lit le même signal comme la trace, non d'une séparation, mais d'un tronc africain faiblement structuré, formé de deux populations ancestrales ou davantage reliées par des échanges de gènes durant des centaines de milliers d'années. Dans ce second modèle, la première séparation nette entre peuples actuels se situe vers 135 000 à 120 000 ans.
L’histoire de l’espèce en une journée
01:08:3422 h 51 min avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour