PEUPLEMENT
Une première incursion en Europe
il y a ~210 000 ans
Paléolithique · Paléolithique moyen · MIS 7
Deux crânes reposaient côte à côte dans un bloc d'éboulis cimenté de la grotte d'Apidima, sur la côte sud de la Grèce. Une réanalyse de 2019 a soutenu que le moins complet des deux, Apidima 1, est un Homo sapiens précoce vieux d'au moins 210 000 ans, tandis que son voisin, Apidima 2, est un Néandertalien que la même étude date d'au moins 170 000 ans. Si l'attribution tient, c'est la plus ancienne trace de notre espèce hors d'Afrique : une incursion sans lendemain, dans une grotte ensuite tenue par les Néandertaliens.
Pourquoi c’est important
La sortie d'Afrique n'a pas été une marche unique mais une série de tentatives. Misliya, Apidima, Qafzeh : chacun de ces sites garde la trace d'une population parvenue aux portes de l'Eurasie bien avant la dispersion qui a peuplé le monde, et chacune s'est éteinte. Apidima montre aussi ce qui peut tenir à une interprétation : le même fragment de crâne est l'un des nôtres pour une équipe, un ancêtre des Néandertaliens pour une autre.
Datation et incertitudeDébattu
Tout repose sur l'arrière reconstitué d'un seul crâne abîmé et sur des datations uranium-thorium. L'étude de 2019 lit Apidima 1 comme un Homo sapiens précoce d'au moins 210 000 ans. Deux réanalyses de 2020 contestent l'attribution et lisent le même fragment comme un fossile de la lignée néandertalienne, ce qui retirerait à l'Europe son plus ancien sapiens et rendrait la grotte à une seule lignée.
Sources
- Harvati et al. (2019), Nature · Apidima Cave fossils provide earliest evidence of Homo sapiens in Eurasiadoi:10.1038/s41586-019-1376-z
- Rosas & Bastir (2020), L'Anthropologie · An assessment of the late Middle Pleistocene occipital from Apidima 1 skull (Greece)doi:10.1016/j.anthro.2020.102745
- de Lumley et al. (2020), L'Anthropologie · Apidima 1 and Apidima 2: two anteneandertal skulls in the Peloponnese, Greecedoi:10.1016/j.anthro.2019.102743
L’histoire de l’espèce en une journée
08:00:0016 h avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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