SANTÉ × ENVIRONNEMENT
L'échange colombien
1492
Histoire · Moyen Âge · Holocène · Méghalayen
À partir de 1492, plantes, animaux et maladies ont traversé l'Atlantique dans les deux sens : maïs et pomme de terre vers l'est, blé, chevaux, bovins et surtout agents infectieux vers l'ouest.
L'échange colombien, terme forgé par l'historien Alfred Crosby en 1972, désigne le transfert réciproque d'espèces végétales, animales et pathogènes entre les deux hémisphères à partir de 1492 : maïs, pomme de terre et manioc vers l'est, blé, chevaux, bovins et surtout agents infectieux vers l'ouest. Les épidémies introduites ont provoqué la disparition d'environ quatre-vingt-dix pour cent des populations amérindiennes en un siècle. L'abandon consécutif des terres cultivées a permis une reprise forestière suffisante pour abaisser la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone, un arbre constituant son bois à partir du carbone prélevé dans l'air. La baisse est mesurable dans les carottes de glace antarctiques : la neige accumulée emprisonne des bulles d'air lors de sa transformation en glace, si bien qu'une carotte contient des échantillons datés de l'atmosphère.

Pourquoi c’est important
L'épisode constitue l'une des réductions démographiques les plus rapides documentées, et il a modifié durablement la répartition mondiale des plantes cultivées. L'asymétrie épidémiologique tient à l'histoire des deux hémisphères : les populations de l'Ancien Monde avaient été exposées pendant dix millénaires aux agents pathogènes issus des animaux domestiques, ce qui n'était pas le cas des populations américaines. La signature atmosphérique de cet épisode figure parmi les marqueurs proposés pour la limite inférieure de l'Anthropocène.
Datation et incertitude
La date est calendaire, les conséquences s'étendant sur plusieurs siècles. L'estimation de la mortalité dépend de celle de la population précolombienne, dont les valeurs demeurent discutées, une synthèse récente retenant environ 60 millions avec de larges marges. Les études régionales indiquent en outre des pertes survenant plusieurs décennies, voire un siècle, après le premier contact.
L’histoire de l’espèce en une journée
23:57:332 min 26 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour