SOCIÉTÉS × ENVIRONNEMENT

L'effondrement de l'âge du bronze

~1200 avant notre ère

Histoire · Âge du fer · Holocène · Méghalayen

Vers 1200 avant notre ère, les États de la Méditerranée orientale, un ensemble de royaumes égéens, égyptiens, syro-palestiniens et hittites liés entre eux, se défont en quelques décennies. Les bas-reliefs égyptiens et les textes hiéroglyphiques et cunéiformes désignent comme cause immédiate les invasions des Peuples de la mer, dans le delta du Nil, sur la côte anatolienne, en Syrie et en Palestine, où les armées s'affrontent, où les villes affamées sont abandonnées et où les campagnes se vident. Les archives climatiques, elles, concordent : il y a eu sécheresse. Le pollen d'une carotte prélevée dans le lac de Tibériade situe entre 1250 et 1100 environ l'épisode le plus sec de tout l'âge du bronze et de l'âge du fer ; les données paléoclimatiques de Chypre montrent un changement brusque qui a entraîné la famine ; et les textes du Proche-Orient font état de sécheresse et de famine du milieu du XIIIe siècle à la seconde moitié du XIIe.

Pourquoi c’est important

Nommer un coupable s'est révélé plus difficile que dater la ruine. Migrations, agressions extérieures, luttes internes aux royaumes dominants, effondrement du système qui les reliait, inégalités entre centres et périphéries, changement climatique, catastrophes naturelles, épidémies : toutes ces causes ont été proposées, et aucune n'explique tout, car les changements ne sont pas tombés d'un coup mais s'étalent sur plus d'un siècle. Cline n'y voit pas une cause unique, mais une conjonction de catastrophes. Ce qui prend fin, c'est un monde d'échanges ; au Levant, le peuplement se rétablit vite dès le Fer I, première phase de l'âge du fer, et l'olivier cultivé réapparaît dans les archives polliniques.

Datation et incertitude

La date désigne un processus, pas un événement. Destructions et abandons s'échelonnent depuis le milieu ou la fin du XIIIe siècle jusque dans le XIIe, si bien que ~1200 avant notre ère marque le milieu d'un intervalle plutôt qu'une année ; les bornes retenues ici, 3250 à 3100 ans avant le présent, couvrent cet intervalle. C'est en traitant la date comme unique que l'on rend vraisemblable une cause unique, et les auteurs qui font le bilan des indices mettent en garde contre les chronologies trop précises autant que contre les explications climatiques trop assurées.

Sources

  1. Kaniewski et al. (2013), PLoS ONE · Environmental Roots of the Late Bronze Age Crisisdoi:10.1371/journal.pone.0071004
  2. Langgut et al. (2013), Tel Aviv · Climate and the Late Bronze Collapse: New Evidence from the Southern Levantdoi:10.1179/033443513x13753505864205
  3. Knapp et al. (2016), American Journal of Archaeology · Crisis in Context: The End of the Late Bronze Age in the Eastern Mediterraneandoi:10.3764/aja.120.1.0099
  4. Cline (2022), Journal of Eastern Mediterranean Archaeology and Heritage Studies · Revisiting 1177 BCE and the Late Bronze Age Collapsedoi:10.5325/jeasmedarcherstu.10.2.0181

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