Âge· Les colonnes du temps
Avant Sapiens
350 ka → 315 ka
Cette bande liminaire couvre les 35 000 ans qui précèdent les plus anciens fossiles attribués à Homo sapiens, il y a environ 315 000 ans.
Bande liminaire de la frise, antérieure à l'apparition des plus anciens fossiles attribués à Homo sapiens. Elle couvre les trente-cinq mille ans qui précèdent cette limite et fournit le terme de comparaison sans lequel le commencement de l'espèce ne serait pas mesurable.
Ce que montrent les données
La limite droite de la bande procède du site de Jebel Irhoud, au Maroc, où des silex chauffés ont été datés par thermoluminescence de 315 000 ans, avec une incertitude de 34 000 ans. Cette méthode date l'événement thermique et non la matière : la radioactivité naturelle du sédiment piège progressivement des électrons dans les cristaux du silex, et la chaleur les libère sous forme de lumière, de sorte qu'un silex tombé dans un foyer a vu son compteur remis à zéro ce jour-là ; chauffé au laboratoire, il restitue une lumière dont l'intensité mesure ce qui s'est accumulé depuis. Les restes humains associés, provenant d'au moins cinq individus, présentent une face et une mâchoire déjà conformes aux nôtres sur une boîte crânienne qui ne l'est pas. La borne ne désigne donc pas l'apparition de l'espèce, mais le plus ancien ensemble suffisamment complet pour l'identifier.
Bornes et conventions
Deux incertitudes de nature différente se superposent. La mesure porte une erreur explicite de 34 000 ans, bornée et quantifiée. La définition n'en comporte aucune de cette sorte : une espèce n'a pas de date d'apparition, et chaque site nouveau peut déplacer cette limite. Jebel Irhoud l'a lui-même déplacée de plus de cent millénaires lors de sa redatation en 2017.
Porche : la lignée qui précède l'espèce. La borne de 315 ka est la datation de Jebel Irhoud (315 ± 34 ka) et non un seuil net, ce que figure la hachure.