VIE × TERRE

Les acides aminés des météorites

il y a ~4,3 milliards d’années

Hadéen

Les météorites riches en carbone contiennent des acides aminés, des traces du sucre ribose et les bases de l’alphabet génétique, c’est-à-dire des composants des protéines, de l’ARN et de l’ADN, assemblés dans l’espace avant toute vie.

Les chondrites carbonées sont des météorites riches en composés du carbone. Elles contiennent des acides aminés, les molécules dont l’assemblage forme les protéines. Elles contiennent aussi, en traces beaucoup plus faibles, le ribose et les bases nucléiques. Le ribose est un sucre qui entre dans la composition de l’ARN, une molécule voisine de l’ADN. Les bases nucléiques composent l’alphabet génétique : ce sont les lettres de l’ARN et de l’ADN. Toutes ces molécules ont été assemblées dans l’espace, sans intervention du vivant. La chimie qui a précédé la vie peut donc se produire sans la vie. Un matériau de même nature est tombé sur la Terre primitive, apporté par les astéroïdes, les comètes et la poussière interplanétaire.

Pourquoi c’est important

Une partie des molécules sur lesquelles repose le vivant arrive de l’espace déjà formée : chaque planète n’a donc pas à les produire toutes elle-même. Quand les premiers organismes se sont assemblés, une réserve de ces composants existait donc déjà. La Terre n’est pas la seule planète à recevoir cet apport.

Datation et incertitude

Les acides aminés, les sucres et les bases nucléiques sont mesurés dans des météorites tombées récemment. Deux observations établissent leur origine extraterrestre. D’abord, le carbone existe sous plusieurs formes de masses différentes, ses isotopes, et Furukawa et ses collègues (2019) ont trouvé dans le carbone des sucres des proportions d’isotopes incompatibles avec une formation terrestre. Ensuite, un acide aminé existe sous une forme gauche et une forme droite, images l’une de l’autre dans un miroir. Les acides aminés analysés se répartissent à parts égales entre les deux formes, un équilibre que la chimie du vivant ne conserve jamais. Les quantités sont infimes et très inégales : de l’ordre de quelques parties par milliard, c’est-à-dire de quelques milliardièmes de la météorite, pour les acides aminés les plus rares, et jusqu’à mille fois moins encore pour les bases nucléiques. La proportion de ce matériau qui est parvenue intacte au sol à travers l’atmosphère primitive reste une déduction.

L’histoire de la Terre en une journée

01:16:0722 h 44 min avant minuit

si les 4,54 milliards d’années de la Terre étaient ramenées à un seul jour

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