EXTINCTIONS × TECHNIQUE

La couche d’iridium de la limite K-Pg

1980

Phanérozoïque · Cénozoïque · Quaternaire · Holocène · Méghalayen

L’iridium, un métal rare dans la croûte et commun dans les météorites, est des dizaines à des centaines de fois plus abondant dans le centimètre d’argile qui marque la fin du Crétacé que dans la roche alentour, ce qu’on a découvert en 1980.

La couche d’iridium est un centimètre d’argile situé à la limite du Crétacé, le niveau des roches qui marque la fin de cette période géologique. Cette argile contient des dizaines à des centaines de fois plus d’iridium que la roche immédiatement sus-jacente et sous-jacente, c’est-à-dire juste au-dessus et juste au-dessous. L’iridium est un métal rare dans la croûte terrestre, car il a accompagné le fer dans le noyau de la Terre, et abondant dans les météorites et les autres matériaux d’origine extraterrestre. De cette mesure, Luis et Walter Alvarez ont tiré en 1980 une hypothèse : une extinction de masse, la disparition d’un grand nombre d’espèces en peu de temps, avait une cause unique et soudaine. Les géologues étaient alors attachés à l’uniformitarisme, le principe selon lequel le passé doit être expliqué par des processus observables aujourd’hui. Ils interprétaient ce principe comme excluant les catastrophes, et ils ont contesté l’hypothèse. Onze ans plus tard, on a localisé au Mexique le cratère correspondant.

La limite Crétacé-Paléogène sur un panneau de roche du sud de l’Alberta, au Royal Tyrrell Museum : la fine ligne claire est l’argile qui contient l’iridium.
La limite Crétacé-Paléogène sur un panneau de roche du sud de l’Alberta, au Royal Tyrrell Museum : la fine ligne claire est l’argile qui contient l’iridium.Mike Beauregard, CC BY 2.0

Pourquoi c’est important

En géologie, la catastrophe est redevenue une explication recevable. De nombreuses fiches de cette frise chronologique attribuent un événement à une cause soudaine, impact, éruption ou crue. Les géologues ont repris ce vocabulaire à la suite de la découverte de la couche d’iridium.

Datation et incertitude

L’année 1980 est celle où l’hypothèse a été formulée, et non celle où elle a été acceptée. Pendant onze ans, l’hypothèse a reposé sur la seule mesure chimique de l’iridium, sans cratère auquel la rattacher. Les géologues la contestaient. L’identification d’un cratère au Mexique en a fait l’explication de référence.

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