ENVIRONNEMENT
La courbe qui monte
1958
Histoire · Époque contemporaine · Holocène · Méghalayen
En 1958, sur les pentes du Mauna Loa, Charles David Keeling se mit à mesurer le dioxyde de carbone dans l'air propre du Pacifique, avec précision et sans interruption. En deux ans, il avait vu la planète respirer, le CO2 baissant chaque été boréal quand les forêts inspirent, et, en Antarctique, une hausse légère mais régulière. La courbe est montée de 315 parties par million vers 430 : la pièce la plus solide du dossier de l'action humaine sur l'atmosphère terrestre, et l'emblème d'une Terre qui se surveille elle-même.
Pourquoi c’est important
Les modèles climatiques, les traités, les cibles chiffrées renvoient tous à cette ligne : non pas une théorie, mais une mesure, poursuivie depuis deux tiers de siècle. La courbe a aussi enseigné une leçon générale : certaines découvertes cheminent au lieu d'éclater, sorties d'une surveillance patiente, toujours difficile à financer et impossible à remplacer. La longue perspective de toute cette frise s'achève sur ce graphique : l'atmosphère change désormais au calendrier humain.
Datation et incertitude
Charles David Keeling commença en 1958 des mesures continues du dioxyde de carbone au Mauna Loa et rapporta en deux ans le balancement saisonnier de l'hémisphère nord et, en Antarctique, une hausse faible mais persistante. La mesure n'a pas cessé depuis, malgré les crises de financement, et compte parmi les séries de données les plus lourdes de conséquences jamais réunies.
Sources
- Keeling (1960), Tellus · The concentration and isotopic abundances of carbon dioxide in the atmospheredoi:10.3402/tellusa.v12i2.9366
- Nisbet (2007), Nature · Earth monitoring: Cinderella sciencedoi:10.1038/450789a
- Scripps Institution of Oceanography · The Keeling Curve. Institutional source: keelingcurve.ucsd.edu, accessed 2026-08-30.
L’histoire de l’espèce en une journée
23:59:4118,7 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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