SANTÉ

La grippe de 1918

1918 de notre ère

Histoire · Époque contemporaine · Holocène · Méghalayen

Dans la dernière année de la Première Guerre mondiale, un virus grippal d'origine aviaire fit deux fois le tour du globe, n'épargnant aucun pays, et tua à rebours de l'habitude : le plus durement chez les adultes de vingt à quarante ans. Les estimations du nombre de morts vont de 17 à 100 millions. Le virus lui-même ne fut retrouvé que huit décennies plus tard, son génome lu dans les poumons conservés de ses victimes, et, une fois reconstitué, il s'avéra des dizaines de milliers de fois plus virulent chez les primates que la grippe saisonnière.

Pourquoi c’est important

Toutes les pandémies grippales qui ont suivi en descendent : le H1N1 de 1918 a fondé les lignées qui circulent et tuent encore chaque hiver, dans une ère pandémique qui ne s'est jamais refermée. Il a aussi fixé le pire cas à l'aune duquel se mesure la préparation aux pandémies, et le dossier reste ouvert : pourquoi le virus a tué tant de jeunes adultes, et combien il en a tué en tout, sont deux questions qu'un siècle n'a pas tranchées.

Datation et incertitude

Les vagues de la pandémie courent du début de 1918 à 1919. Le bilan est la part disputée : 50 à 100 millions de morts dans les estimations les plus citées, ramenés à environ 17 millions par une réanalyse des registres de mortalité publiée en 2018, soit un écart de trois à six fois sur des semaines qui restent, dans tous les cas, les plus meurtrières de l'époque moderne. Le lieu où le virus est passé aux populations humaines reste lui aussi discuté : l'Amérique est la piste la plus probable, mais une origine européenne a été défendue.

Sources

  1. Taubenberger et al. (2019), Cold Spring Harbor Perspectives in Medicine · The 1918 influenza pandemic and its legacydoi:10.1101/cshperspect.a038695
  2. Spreeuwenberg et al. (2018), American Journal of Epidemiology · Reassessing the global mortality burden of the 1918 influenza pandemicdoi:10.1093/aje/kwy191
  3. Berche (2022), Presse Médicale · The Spanish fludoi:10.1016/j.lpm.2022.104127

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si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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