GÉNÉTIQUE

L'ADN dénisovien chez les vivants

il y a ~46 000 ans

Paléolithique · Paléolithique supérieur · Dernier glaciaire

Les populations d'Asie et d'Océanie portent encore de l'ADN dénisovien, hérité de plusieurs rencontres et qui aide aujourd'hui à vivre en haute altitude.

L'héritage dénisovien désigne la fraction du génome des populations actuelles d'Asie et d'Océanie provenant des Dénisoviens. Son analyse établit non pas une rencontre mais plusieurs : les segments archaïques que portent les Papous se répartissent en deux groupes dont l'écart mutuel équivaut à celui de populations séparées depuis plus de 350 000 ans, ce qui exclut une origine dans un même peuple dénisovien, tandis que les populations d'Asie orientale en portent un troisième. Chez les Papous, cette part atteint plusieurs pour cent du génome, et une partie des apports se poursuit jusque vers la fin du Pléistocène.

Pourquoi c’est important

Les variants hérités demeurent fonctionnels. Chez les populations tibétaines, une version du gène EPAS1, qui intervient dans la réponse de l'organisme à la faible teneur en oxygène, provient de parents dénisoviens : elle présente la signature de sélection la plus marquée de leur génome et régule la quantité d'hémoglobine produite en altitude. Le cas constitue l'exemple le mieux documenté d'un avantage adaptatif hérité d'une autre lignée humaine. Les Dénisoviens n'étant connus que par quelques dents, une phalange et une mandibule, l'essentiel de ce qui subsiste d'eux se trouve dans les génomes des vivants.

Datation et incertitude

Ces épisodes ne se datent pas comme des fossiles : leur trace est la longueur des segments d'ADN archaïque dans les génomes actuels, qui décroît à chaque génération et mesure ainsi le temps écoulé. Les modèles retiennent plusieurs apports successifs et au moins trois populations dénisoviennes distinctes ; la date retenue ici correspond à l'apport principal reçu par les ancêtres des Papous, le flux génétique à l'est de la ligne de Wallace paraissant s'être poursuivi jusque vers la fin du Pléistocène.

L’histoire de l’espèce en une journée

20:29:423 h 30 min avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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