GÉNÉTIQUE
L'héritage dénisovien
il y a ~46 000 ans
Paléolithique · Paléolithique supérieur · Dernier glaciaire
En se répandant à travers l'Asie, les hommes modernes ont rencontré des Dénisoviens à plusieurs reprises et se sont mêlés à eux : les génomes d'Asie du Sud-Est insulaire et de Nouvelle-Guinée montrent que les Papous portent l'ADN de deux lignées dénisoviennes profondément divergentes, séparées depuis plus de 350 000 ans, et que les Asiatiques de l'Est en portent une troisième. Chez les Papous, cette part dénisovienne atteint plusieurs pour cent du génome, et une partie a continué d'arriver presque jusqu'à la fin des temps glaciaires.
Pourquoi c’est important
Cet héritage n'est pas inerte. Chez les Tibétains, une version du gène EPAS1 reçue de parents dénisoviens porte la signature de sélection la plus forte de leur génome et va de pair avec la quantité d'hémoglobine que le sang fabrique en air raréfié, l'un des ressorts qui rendent la vie possible en altitude : c'est l'exemple le plus célèbre d'un avantage hérité d'une autre lignée humaine. Un peuple connu par quelques dents, une phalange et une mâchoire survit surtout par des passages recopiés dans les génomes vivants, et ces passages travaillent encore.
Datation et incertitude
Ces rencontres ne se datent pas comme des fossiles : leurs traces sont les longueurs de segments d'ADN archaïque dans les génomes vivants. Les modèles font intervenir plusieurs épisodes et au moins trois populations dénisoviennes distinctes ; la date retenue ici suit l'épisode principal, celui qui atteint les ancêtres des Papous, et le flux de gènes à l'est de la ligne de Wallace semble s'être poursuivi jusque vers la fin du Pléistocène.
Sources
- Jacobs et al. (2019), Cell · Multiple deeply divergent Denisovan ancestries in Papuansdoi:10.1016/j.cell.2019.02.035
- Browning et al. (2018), Cell · Analysis of human sequence data reveals two pulses of archaic Denisovan admixturedoi:10.1016/j.cell.2018.02.031
- Huerta-Sánchez et al. (2014), Nature · Altitude adaptation in Tibet caused by introgression of Denisovan-like DNAdoi:10.1038/nature13408
L’histoire de l’espèce en une journée
20:29:423 h 30 min avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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