GÉNÉTIQUE × SANTÉ
La persistance de la lactase
il y a ~6 000 ans
Néolithique · Néolithique · Holocène · Northgrippien
Le variant génétique qui permet à la plupart des adultes européens de digérer le lait apparaît pour la première fois dans les génomes anciens il y a environ 6 000 ans.
La persistance de la lactase désigne le maintien, à l'âge adulte, de la production de l'enzyme qui permet la digestion du lactose, caractère que la plupart des mammifères perdent après le sevrage. Le variant responsable dans les populations européennes, situé en amont du gène LCT et désigné -13910*T, apparaît dans les génomes anciens il y a environ 6 000 ans et compte parmi les variants humains les plus fortement sélectionnés des dix derniers millénaires. La nature de l'avantage conféré demeure cependant discutée : la traite et la fermentation du lait sont attestées en Europe plusieurs millénaires avant la diffusion du variant, et des populations d'éleveurs dépourvues de persistance consomment aujourd'hui des produits laitiers sans difficulté.
Pourquoi c’est important
Le cas documente une modification du génome humain consécutive à une pratique culturelle, l'élevage précédant la sélection du variant. Le mécanisme le plus compatible avec les données ne fait pas intervenir la consommation ordinaire de lait, mais les situations de crise : chez un sujet non persistant, le lactose provoque des diarrhées, sans gravité en temps normal, mais susceptibles d'entraîner une déshydratation fatale en période de disette ou lors d'une infection. Les modèles fondés sur les famines et l'exposition aux pathogènes reproduisent mieux la trajectoire observée que ceux fondés sur l'usage alimentaire seul.
Datation et incertitudeDébattu
Le variant européen est attesté en Ukraine il y a 5 960 ans et se répand largement avec les migrations des steppes il y a moins de 4 000 ans ; une modélisation antérieure le plaçait sous sélection chez des populations laitières entre les Balkans centraux et l'Europe centrale il y a environ 7 500 ans. La question des facteurs de sélection reste ouverte.
L’histoire de l’espèce en une journée
23:32:3427 min 26 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour