PEUPLEMENT × LANGUES

Le peuple des pirogues

il y a ~5 200 ans

Histoire · Âge du bronze · Holocène · Northgrippien

Il y a environ 5 200 ans, des cultivateurs et des marins commencèrent à quitter Taïwan, porteurs d'une famille de langues qui deviendrait la plus océanique du monde : l'austronésien, parlé aujourd'hui de Madagascar à l'île de Pâques. Les arbres des langues en restituent les poussées et les pauses. L'ADN ancien y ajoute une surprise : les premiers colons de l'Océanie lointaine, porteurs de la culture lapita, ne s'étaient presque pas mêlés aux peuples installés de longue date en Nouvelle-Guinée ; cette ascendance ne gagna les îles que plus tard.

Pourquoi c’est important

Ce fut la dernière grande dispersion humaine vers des terres où personne n'avait jamais vécu, et son héros est le bateau : le balancier et la voile ont fait du plus grand océan une route. De cette expansion sont sortis les voyages polynésiens d'un côté du monde et, contre toute attente, le peuplement de Madagascar de l'autre. La moitié des longitudes du globe tient sa géographie humaine du hall d'embarquement d'une seule île.

Datation et incertitude

Les phylogénies bayésiennes de 400 langues austronésiennes enracinent l'expansion à Taïwan il y a environ 5 230 ans et la décrivent en poussées séparées de pauses ; l'ADN ancien de Vanuatu et de Tonga montre que les plus anciens habitants de l'Océanie lointaine dont on ait le génome, il y a environ 3 000 ans, ne portaient presque aucune ascendance papoue, ce qui en renvoie l'arrivée à des mouvements ultérieurs. L'ancre marque le départ de Taïwan.

Sources

  1. Gray, Drummond & Greenhill (2009), Science · Language phylogenies reveal expansion pulses and pauses in Pacific settlementdoi:10.1126/science.1166858
  2. Skoglund et al. (2016), Nature · Genomic insights into the peopling of the Southwest Pacificdoi:10.1038/nature19844
  3. Greenhill, Drummond & Gray (2010), PLOS ONE · How accurate and robust are the phylogenetic estimates of Austronesian language relationships?doi:10.1371/journal.pone.0009573

L’histoire de l’espèce en une journée

23:36:0523 min 55 s avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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