GÉNÉTIQUE

Le premier ADN néandertalien

1997

Histoire · Époque contemporaine · Holocène · Méghalayen

En 1997, l'équipe de Svante Pääbo a lu le premier ADN d'un humain disparu, extrait de l'os du bras du Néandertalien trouvé en 1856, et cet ADN ne correspondait à aucune population actuelle.

La première séquence d'ADN d'un humain disparu est obtenue en 1997 par l'équipe de Svante Pääbo, à Munich, à partir de l'os de bras du spécimen néandertalien exhumé en 1856 dans la vallée de Neander : la séquence mitochondrielle lue ne correspondait à celle d'aucune population actuelle. Deux difficultés techniques avaient été résolues. L'ADN ancien ne subsiste qu'en fragments très courts, que l'on amplifie par segments chevauchants puis reconstitue ; et l'ancienneté laisse sur ces fragments une signature chimique, la désamination de la cytosine, qui transforme régulièrement cette base près des extrémités brisées. Un ADN moderne introduit par contamination est long, intact et dépourvu de cette altération, ce qui permet de l'écarter. La conclusion alors tirée, à savoir l'absence de contribution néandertalienne à notre ascendance, reposait sur le seul ADN mitochondrial.

La calotte crânienne de Neandertal 1, sur une lithographie publiée par Johann Carl Fuhlrott en 1859. Le premier ADN néandertalien, lu en 1997, vient d'un os du bras de ce même individu, trouvé en 1856.
La calotte crânienne de Neandertal 1, sur une lithographie publiée par Johann Carl Fuhlrott en 1859. Le premier ADN néandertalien, lu en 1997, vient d'un os du bras de ce même individu, trouvé en 1856.Johann Carl Fuhlrott, lithographie de Henry & Cohen, Bonn, domaine public

Pourquoi c’est important

L'ADN ancien a fait passer les questions d'ascendance, de migration et de métissage du domaine de l'interprétation à celui de la mesure, et l'ensemble des résultats génétiques présentés dans cette édition procède des méthodes éprouvées sur cet os. Le premier résultat illustre également les limites d'un marqueur unique : la conclusion de 1997 a été révisée en 2010 par le séquençage du génome nucléaire, qui a établi un métissage. La contamination par de l'ADN contemporain imitant fidèlement un résultat authentique, salles blanches, réplication indépendante et vérification des signatures de dégradation sont devenues les conditions de recevabilité de la discipline.

Datation et incertitude

La séquence de 1997 provient du spécimen néandertalien originel de 1856. Elle établissait l'absence de lignée mitochondriale néandertalienne dans les populations actuelles, ce qui n'exclut pas un métissage : une lignée mitochondriale minoritaire peut disparaître sans que disparaisse l'ascendance nucléaire correspondante.

L’histoire de l’espèce en une journée

23:59:528,0 s avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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