SANTÉ
L'immunité d'une fermière, mise en flacon
1796
Histoire · Époque moderne · Holocène · Méghalayen
Le savoir des campagnes disait que les trayeuses ayant contracté la bénigne variole des vaches ne prenaient jamais la variole. En 1796, Edward Jenner le mit à l'épreuve : la matière d'une pustule de trayeuse, inoculée à un garçon, le protégea d'une exposition délibérée à la variole. La vaccination fit le tour du monde en quelques années, supplantant la variolisation, plus risquée ; quel virus contenait vraiment le vaccin de Jenner, on le démêle encore dans les souches qui nous sont parvenues.
Pourquoi c’est important
Pour la première fois, une maladie pouvait être prévenue systématiquement, à grande échelle, sans l'avoir d'abord subie. La vaccination a fondé l'immunologie, transformé la santé publique, et rendu concevable ce qui fut plus tard accompli pour la variole : l'extinction d'une maladie humaine. Elle n'est pas née dans un laboratoire, mais d'une attention prêtée à ce que le monde des fermes savait déjà.
Datation et incertitude
La première vaccination de Jenner date de mai 1796. Il ne fut pas le premier à inoculer la variole des vaches, et le virus que contenait réellement son vaccin reste une énigme : la génomique des souches historiques oriente vers un virus de type vaccinia ou proche de la variole équine, plutôt que vers la variole des vaches elle-même.
Sources
- Riedel (2005), Baylor University Medical Center Proceedings · Edward Jenner and the history of smallpox and vaccinationdoi:10.1080/08998280.2005.11928028
- Damaso (2018), The Lancet Infectious Diseases · Revisiting Jenner's mysteries, the role of the Beaugency lymph in the evolutionary path of ancient smallpox vaccinesdoi:10.1016/s1473-3099(17)30445-0
- Ahamed et al. (2024), Cureus · Jenner's legacy: how Edward Jenner's smallpox vaccine changed public healthdoi:10.7759/cureus.68594
L’histoire de l’espèce en une journée
23:58:561 min 3 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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