Les multiples tentatives d’apparition de la vie

Cellule

Des formes de vie multiples

La question des émergences multiples

Se pourrait-il que la vie ait eu la possibilité, voire la haute probabilité statistique, d’apparaître sur Terre à de multiples reprises ? Mais que les particularités de son fonctionnement intrinsèque soient incompatibles avec la coexistence sous des formes indépendantes ?

Le verrouillage du vivant par l’ADN

Il est extrêmement vraisemblable que la vie dans sa forme actuelle, reposant sur l’ADN, n’ait été que l’une des innombrables possibilités compatibles avec l’apparition et l’évolution des règnes du vivant. Le code génétique de quatre bases nucléiques (A : adénine, C : cytosine, G : guanine et T : thymine) aurait pu tout aussi bien être radicalement différent : et pourquoi pas cinq lettres, ou huit ? Pourquoi l’ADN, plutôt qu’un autre assemblage moléculaire ?

Quels seraient le visage et les couleurs de la planète, si les réplicateurs avaient été conformés autrement ? En apparaissant la première, la forme de vie dont nous sommes issus se propagea avec voracité : sa croissance reposait sur l’absorption de molécules organiques prébiotiques disponibles dans l’environnement ; consommées systématiquement, elles n’eurent plus jamais l’opportunité de s’assembler sous une autre forme de vie et d’évoluer selon une autre structure. Corollaire de son propre succès, la vie empêchait l’émergence de toute concurrence pour les ressources organiques.

Les réplicateurs disparus

Il est tout aussi possible que, lorsque la forme de vie dont nous sommes issus a émergé, d’autres existaient déjà, à l’état archaïque : nous les avons mangés. Leur conformation fut-elle moins stable ? Leur méthode de réplication, moins performante ? Leur façon d’absorber les molécules organiques, moins vigoureuse ?

Ces autres formes de vie rudimentaires furent-elles consommées avec le reste de la soupe, par nos réplicateurs gloutons ? Si elles existèrent, les étapes précoces de leur évolution furent probablement le substrat de la croissance des réplicateurs plus aptes à s’élancer selon les tendances évolutionnaires dont nous sommes le produit, après quelques catastrophes et des milliards d’années.

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